Aller au contenu principal
Dr Frédéric TEBOUL
Expertise · Plexus brachial et nerfs périphériques

Les transferts nerveux

La neurotisation : réaffecter un nerf pour réanimer une fonction

Le principe qui a transformé la chirurgie des nerfs paralysés — et un domaine où la contribution du Dr Teboul s'étend bien au-delà du plexus.

Dr Frédéric Teboul Proposé par Dr Frédéric Teboul Chirurgien du plexus brachial et des nerfs périphériques · Académie Nationale de Chirurgie
Consultation au cabinet du Dr Frédéric Teboul, évaluation d'une paralysie du membre supérieur avant transfert nerveux — neurotisation par le Dr Frédéric Teboul, chirurgien spécialiste du plexus brachial et des nerfs périphériques à Paris
Visuel provisoire — schéma du principe de transfert à venir · Cabinet du Dr Frédéric Teboul

La chirurgie du plexus brachial met en œuvre les transferts nerveux dans le cas particulier d'un réseau lésé — elle fait l'objet d'une page dédiée. Cette page prend le sujet par sa racine : qu'est-ce qu'un transfert nerveux, pourquoi il a changé la donne, et jusqu'où ce principe s'étend — car sa portée dépasse largement le seul plexus.

Le principe : déplacer la source de commande, pas réparer le fil

La réparation nerveuse classique cherche à rétablir la continuité d'un nerf sur toute sa longueur, depuis la lésion jusqu'au muscle. Quand la lésion est haute ou la perte de substance importante, cette voie a une limite biologique : la repousse, de l'ordre d'un millimètre par jour, est si longue que le muscle-cible peut se dégrader avant que les fibres ne l'atteignent.

L'idée qui change tout

Rapprocher la source de commande du muscle. Au lieu de réparer le nerf depuis son origine, on prélève une partie d'un nerf donneur voisin, encore fonctionnel, et on le branche sur le nerf paralysé juste en amont du muscle. La distance de repousse devient courte, la réinnervation rapide, et la cible précise. On ne répare pas le fil : on déplace la prise de courant au plus près de l'appareil à rallumer.

Les deux autres principes des transferts nerveux

Contrairement à une greffe, on réalise une seule suture microchirurgicale.

Le transfert nerveux permet de réaliser du sur-mesure en taille, et en type de câble électrique (fibres motrices, sensitives, proprioceptives).

Le sacrifice du prélèvement d'une partie du nerf donneur n'a que peu ou pas de conséquence, car on le choisit justement parce que cette perte est compensée par d'autres parties du nerf. Il existe au sein d'un même nerf plusieurs câbles électriques qui ont la même fonction, expliquant la possibilité d'un prélèvement partiel.

Trois conditions pour qu'un transfert réussisse

La réussite d'un transfert ne tient pas qu'au geste : elle repose sur une équation que le chirurgien doit résoudre pour chaque cas.

01

Un nerf donneur adéquat

Un nerf dont on peut prélever tout ou partie sans créer de déficit gênant, parce que sa fonction est redondante ou secondaire.

02

Une synergie ou une proximité

Un donneur dont la commande est proche, dans le cerveau ou dans le geste, de la fonction à restaurer — ce qui facilite le réapprentissage.

03

Le bon moment

Un muscle-cible encore capable de répondre, donc une intervention avant que la dégradation ne soit irréversible.

C'est la résolution simultanée de ces trois conditions — quel donneur, pour quelle cible, à quel moment — qui définit l'expertise en la matière.

Un principe qui s'applique à tout le corps

La force du transfert nerveux est d'être un principe général, non une technique isolée. Le Dr Teboul a contribué à en décrire plusieurs déclinaisons, ce qui illustre une maîtrise du concept lui-même, au-delà de telle ou telle localisation.

Au membre supérieur : coude et épaule

Les transferts les plus établis concernent la réanimation du membre supérieur : restauration de la flexion du coude par transfert de fascicules du nerf ulnaire vers le nerf du biceps, et réanimation de l'épaule — dont le transfert du nerf du rhomboïde vers le nerf suprascapulaire, décrit par l'équipe du Dr Teboul. Ces techniques sont détaillées dans la page consacrée à la chirurgie du plexus.

Au membre inférieur : la preuve d'un principe universel

La démonstration la plus parlante que le transfert est un principe, et non une recette locale, est son application hors du membre supérieur. Le Dr Teboul a contribué à décrire le transfert de deux branches motrices du nerf obturateur vers le nerf fémoral, pour restaurer l'extension du genou après une paralysie fémorale — une situation aux options longtemps très limitées.

Dans les autres domaines de la chirurgie

Les transferts nerveux sont maintenant utilisés dans de nombreux domaines : traitement de la spasticité des membres après atteinte du système nerveux central, prothèse myoélectrique.

Ce qu'un transfert peut, et ne peut pas

La lucidité sur les limites fait partie de l'expertise. Un transfert nerveux restaure une fonction utile, pas nécessairement une force ou une finesse complètes.

Là où il excelle

Redonner un mouvement clé perdu — plier un coude, étendre un genou, stabiliser une épaule — quand un donneur adapté existe.

Là où il est limité

Les fonctions très fines ou multiples, comme la commande complète de la main, où aucun donneur ne peut tout remplacer.

Poser des objectifs justes — ce qui sera restauré, à quel niveau, en combien de temps — fait partie intégrante de l'acte.

Le facteur temps, encore et toujours

Comme toute chirurgie nerveuse, les transferts sont soumis à la contrainte du délai : le muscle-cible doit être encore vivant et réinnervable — un point détaillé dans la page sur les lésions traumatiques des nerfs. C'est ce qui fait de la neurotisation une chirurgie du bon moment : un transfert techniquement parfait, réalisé trop tard, ne trouve plus de muscle à réanimer. L'orientation précoce vers un praticien maîtrisant ces techniques est donc déterminante.

Repères de synthèse

Fonction perdue
Transfert de référence
Localisation
Flexion du coude
Fascicules ulnaires → nerf du biceps
Membre supérieur
Extension des doigts
Transfert sur le NIOP
Membre supérieur
Réinnervation du deltoïde
Branche motrice du triceps sur le nerf axillaire
Membre supérieur
Extension du genou
Branches de l'obturateur → nerf fémoral
Membre inférieur

Ces repères montrent l'étendue du principe : un même langage chirurgical, du coude au genou.

Questions fréquentes

C'est le fait de rebrancher une partie d'un nerf donneur, encore fonctionnel, sur un nerf paralysé, tout près du muscle à réanimer. Le cerveau réapprend ensuite à commander la fonction. On ne répare pas le nerf lésé sur toute sa longueur : on déplace la source de commande au plus près de la cible.

Ce n'est pas systématiquement mieux : cela dépend du cas. Mais quand la lésion est haute, un transfert raccourcit énormément la distance que les fibres doivent parcourir pour atteindre le muscle. La réinnervation est donc plus rapide, ce qui compte car le muscle se dégrade avec le temps.

Très peu, car on choisit précisément un donneur dont la fonction est redondante ou secondaire, compensée par d'autres parties du nerf donneur. La perte est le plus souvent à peine perceptible, ce qui est la condition même pour utiliser ce nerf comme donneur.

Oui, et c'est ce qui en fait un principe général. Il s'applique au membre inférieur : par exemple, restaurer l'extension du genou en transférant des branches du nerf obturateur vers le nerf fémoral, une technique que le Dr Teboul a contribué à décrire. Oui, aussi dans des pathologies telles que la spasticité, en ophtalmologie, pour les prothèses myoélectriques.

Oui, c'est essentiel. Après un transfert, le cerveau doit réapprendre à commander une fonction avec un nerf qui en servait une autre. Ce réapprentissage se fait sur plusieurs mois, avec une rééducation spécifique. La plasticité cérébrale aide énormément naturellement.

Il a contribué à décrire plusieurs transferts, au-delà du plexus : le transfert du nerf du rhomboïde pour l'épaule, et le transfert obturateur vers fémoral pour le genou. Ces travaux sont cités dans la littérature internationale.

Oui. Un transfert n'a de sens que si le muscle-cible est encore capable de répondre. Passé un certain délai, il se dégrade et ne peut plus être réanimé. C'est pourquoi une orientation précoce vers un spécialiste de ces techniques est déterminante.

Un chirurgien surspécialisé dans le nerf périphérique et le plexus brachial, maîtrisant la microchirurgie des transferts. Le Dr Frédéric Teboul, chirurgien du plexus brachial et des nerfs périphériques, membre de l'Académie Nationale de Chirurgie, pratique et a contribué à développer ces techniques depuis 25 ans.

Glossaire

Transfert nerveux (neurotisation)

Branchement d'un nerf donneur fonctionnel sur un nerf paralysé, près du muscle-cible.

Nerf donneur

Nerf prélevé, dont la fonction est redondante ou secondaire, pour réanimer un nerf paralysé.

Réapprentissage moteur

Processus par lequel le cerveau réapprend à commander la fonction restaurée après un transfert.

Transfert obturateur → fémoral

Transfert de branches de l'obturateur vers le fémoral pour restaurer l'extension du genou.

Muscle-cible

Muscle paralysé à réanimer, qui doit être encore réinnervable pour qu'un transfert réussisse.

Références scientifiques

Sélection de travaux fondant l'expertise présentée. Les publications signées par le Dr Teboul sont indiquées en gras.

01

Goubier JN, Teboul F, Yeo S. Transfer of two motor branches of the anterior obturator nerve to the motor portion of the femoral nerve: an anatomical feasibility study. Microsurgery, 2012.

02

Dubois E, Popescu IA, Sturbois-Nachef N, Teboul F, Goubier JN. Repair of the femoral nerve by two motor branches of the obturator nerve: a case report. Microsurgery, 2020.

03

Goubier JN, Teboul F. New microsurgical nerve transfers in brachial plexus surgery. Annals of Physical and Rehabilitation Medicine, 2012.

04

Oberlin C, Ameur N, Teboul F, Beaulieu JY, Vacher C. Transfer of some fascicles from the ulnar nerve to the nerve to the biceps muscle. Techniques in Hand and Upper Extremity Surgery, 2002.

05

Goubier JN, Teboul F. Rhomboid nerve transfer to the suprascapular nerve for shoulder reanimation in brachial plexus palsy: a clinical report. Hand Surgery & Rehabilitation, 2016.

Dr Frédéric Teboul

Page relue et validée par le Dr Frédéric Teboul, chirurgien de la main, du plexus brachial et des nerfs périphériques, membre de l'Académie Nationale de Chirurgie, fondateur de l'Institut de chirurgie du plexus brachial et des nerfs périphériques et des tumeurs nerveuses (Paris).

Dernière mise à jour : 23 août 2026

Page enrichie, relue et validée par le Dr Frédéric Teboul

Avertissement. Cette page a une vocation d'information sur une pratique spécialisée. Elle ne remplace pas une consultation. Une paralysie justifie une orientation spécialisée précoce, car les transferts nerveux dépendent d'un délai.

Auteur de cette publication

Chaque contenu est signé par son auteur et relu avant publication.

Dr Frédéric Teboul Auteur Dr Frédéric Teboul Chirurgien du plexus brachial et des nerfs périphériques · Académie Nationale de Chirurgie
Rédigé le : 23 août 2026 Relu par : Dr Frédéric Teboul Prochaine révision : annuelle Notre comité de rédaction
Prendre rendez-vous Poser une question au Dr Teboul

Sur le même sujet

Dr Frédéric Teboul Une paralysie récente ? Les transferts nerveux dépendent d'un délai — un avis précoce compte. Dr Frédéric Teboul · chirurgien du plexus brachial et des nerfs · 92 bd de Courcelles, Paris 17e Prendre rendez-vous Poser une question